lundi 21 décembre 2009

Molinier



Pierre Molinier (1900-1976) fait partie de ces artistes qui m'ont "éduquée", ou du moins, qui ont provoqué un gros déclic.
Je l'ai découvert il y a bien des années, par le biais d'une couverture d'album de Jad Wio.



Je me suis intéressée à ce peintre/photographe, et ce fut comme ouvrir la boîte de Pandore.
Une porte ouverte sur mille autres, une descente dans le soufre et la subversion, ou une montée, allez savoir.

En tout cas, une fascination. Comme d'accéder à un truc défendu, un film à carré blanc quand on est un poil trop jeune, un Rated R, un livre ("Les petits Oiseaux", d'Anaïs Nin, oulala!^^), bref, les choses que cachent les adultes (ou mon grand frère, en l'occurrence, au dessus de la grande armoire de notre chambre!).
On regarde à gauche, à droite, et pour ne pas se faire surprendre, on ferme tout doucement la porte, on se cache dans un coin ou sous la couverture avec une lampe torche, et on savoure le butin, l'oreille aux aguets...

Bon, pour Molinier, j'avais l'âge, disons, et personne pour me l'interdire, mais j'étais encore au stade de la fontanelle, niveau éducation sulfureuse!
Jad Wio était relativement explicite, mais ça restait abstrait, conceptuel. Le champs était désherbé, pour schématiser, mais pas ensemencé...

Voici donc que je découvre l'oeuvre de cet homme, suicidé d'une balle dans la bouche à 76 ans. Sur la porte, une note: "Je me tue. La clé est chez le concierge".
Son épitaphe était prête depuis longtemps : "Ci-gît Pierre Molinier/ né le 13 avril 1900/ mort vers 1950/ Ce fut un homme sans moralité/ il s'en fit gloire et honneur/ Inutile de pleurer pour lui".

Il était proche des surréalistes, lui aussi, et c'est André Breton qui l'adouba, notamment en exposant l'oeuvre (peinte) Le Grand Combat, en 1951 (contrairement à ce qui est dit dans la vidéo plus bas, puisque le catalogue de ladite expo était préfacé par Breton).



Ses photographies sont très étranges, composées de montages: il prenait des photos qu'il découpait, collait, et re-photographiait ensuite pour un résultat fondu. Je n'ai découvert que plus tard que les différentes parties étaient en fait...les siennes: bras, jambes, fesses, visages fardés ou masqués.
C'était un vrai fétichiste hardcore des bas, des souliers à talons. Donc!







Il y a beaucoup d'autres photographies le représentant dans des postures bien bien bien plus équivoques, mais j'avoue moins les apprécier, car elles ont, à mon sens, un petit côté "Je choque le bourgeois, juste pour le choquer" qui me parle moins. Cela dit, pour son époque, le bonhomme était subversif et sévèrement burné (et il le montre!lol), et rien que pour ça, il a toute ma sympathie.

Mais au delà du contexte, c'est la beauté de ses photos, leur composition, le grain particulier des tirages originaux qui m'a particulièrement attrapée quand je suis allée voir l'expo qui lui était consacrée à la Galerie Kamel Mennour, il y a plus de 10 ans.
Je suis repartie avec le livre sous le bras, et je le compulse encore souvent avec bonheur aujourd'hui.



Molinier m'a appris que le "Vice", sous entendu ou franchement exposé pouvait être beau, artistique, non vulgaire. Il n'y a pas à juger des pratiques, tout est transcendé, tout est regardable. Il m'a ouvert la fontanelle sur le fétichisme, pour peu qu'il soit de bon goût (après, tout est subjectif!). Il représente pour moi un genre de "militantisme" de l'érotisme, de la pornographie plus ou moins artistique.
Il a vécu selon ses propres principes, envers et contre tout. Il en est probablement mort, d'ailleurs, mais voilà un homme qui a fait avancer les choses. Le monde après lui n'était plus tout à fait le même.

Mon monde, en tous cas, n'a plus été le même. ;-)

samedi 19 décembre 2009

Moisson

Il y a quelques jours, se tenait une très jolie expo vente appelée: "Art against Crisis", regroupant plusieurs artistes, vendant leurs dessins au prix unique de 9,90€.
C'était ludique: on se jetait un peu sur nos dessins préférés, les détachant du mur les uns après les autres. Avec le risque d'arriver trop tard... Tout est parti en 15mn!
J'ai eu la chance de pouvoir repérer avant l'ouverture les dessins que je voulais absolument, et je les ai eus! :-)
Voici mon butin:

De Serge Ricco, des collages poétiques:








Les merveilles de délicatesse de François Roca:






De Gérard Dubois, les peintures et collages parfois surréalistes, parfois tendres et/ou profonds:






Et enfin, la Super Héroïne de Charlotte Gastaut, adorable, fine et furieusement drôle: pour un dessin décollé, une bulle de bd au choix. Celle que je voulais m'est passée sous le nez ("J'aime dire bordel à queue et pute vierge"!! Du coup, j'ai pris "Zou", qui me correspond plutôt...aussi! lol)

Promenons nous dans les bois...



...pendant que le loup n'y est pas...



...si le loup y était...



...il nous mangerait! ;-)

mercredi 16 décembre 2009

E.J. Bellocq



Personnage sulfureux que ce Ernest Joseph Bellocq.
Né dans le Quartier Français de la Nouvelle Orléans en 1873, il y a vécu toute sa vie et y est mort en 1949.
On ne sait pas grand chose de lui, et ses oeuvres les plus marquantes n'ont été révélées qu'en 1971, mais j'y reviendrai.
Sa vie était aussi discrète que son oeuvre était subversive, fertilisant de ce fait l'imagination, et on trouve toutes sortes de films ou livres "librement" inspirés du personnage, lui inventant une vie improbable, et souvent fantasmée (notamment le film "La Petite" (Pretty Baby) de Louis Malle, avec Brooke Shields enfant, qui avait défrayé la chronique).
Il se dit qu'il était, à la fin de sa vie, un excentrique misanthrope, ne s'intéressant qu'à la photographie.

E.J. Bellocq était un "Dandy", photographe, et gagnait sa vie en faisant des clichés tout ce qu'il y a de plus sages. Des choses techniques, industrielles.

Par ailleurs, cependant, et de façon confidentielle, il s'est attaché à photographier les fumeries d'opium de Chinatown, ainsi que les prostituées du quartier chaud: Storyville. Ce sont ces derniers clichés qui ont assuré sa pérennité.
Les négatifs de verre ont été retrouvés, cachés dans un sofa, en 1971.
Pour la plupart endommagés: les visages grattés. On a parfois attribué cette détérioration à son frère jésuite, unique héritier,
Plus vraisemblablement, c'est Bellocq lui même qui aurait trituré ses négatifs pour assurer l'anonymat de ses modèles (il utilisait également des masques, pour la même raison, lors des prises de vue).





Il existe peu de tirages de Bellocq lui-même, la majorité de son oeuvre ayant été détruite après sa mort.

C'est Lee Friedlander qui s'est attelé aux tirages et à la publication des photos, sous le titre Storyville Portraits, puis plus tard Photographs from Storyville une version un peu plus exhaustive.

Ces photos sont crues, belles, il s'en dégage une atmosphère intensément troublante, lascive, presque fetish et en même temps fraîche et spontanée.






(autre version de la toute première photo)








mardi 15 décembre 2009

Birdy




C'est un thaumatrope: une image sur chaque face, quand on le fait tourner, se crée une illusion d'optique qui fond les 2 images.
Dans Sleepy Hollow, Johnny Depp (Ichabod Crane) en a un, et il a sa petite importance dans l'histoire.
C'est un bijou d'inspiration victorienne.

J'ai commandé ça il y a super longtemps. J'avais presque oublié: la boutique était en rupture de stock.
Reçu ce matin, curieusement, il me rappelle quelqu'un que j'ai perdu de vue dans l'espace temps...

lundi 14 décembre 2009

Numéro 9

Ce n'est pas une sortie récente, mais disons que par rapport à ce que je regarde ces derniers temps, c'est du "frais"! lol

Numéro 9, donc, sorti en Août dernier, mais que j'avais raté au cinéma.

Une production de Tim Burton (quoi, monomaniaque?!), musique d'Elfman.
C'est Shane Acker qui réalise, mais très franchement, il aurait bouffé la filmo de Burton que ça ne m'étonnerait qu'à moitié...
Tout transpire la fantasmagorie reconnaissable entre 1000: le thème de l'inventeur de génie qui laisse ses créatures derrière lui (Edward), les matières (toile de jute: Oogie Woogie), l'espèce de monstre serpent (Beetlejuice), la forme des arbres, les couleurs, les grosses coutures apparentes des personnages (Sally, Catwoman), le côté "goth pour enfant", plutôt dark, parfois effrayant... Bref: ça a le goût, l'odeur et l'aspect de Burton, et pour de la contrefaçon, franchement, c'est plutôt super bien fait. On dira que c'est un hommage réussi.
Si T.B. (tiens, j'avais jamais fait gaffe aux initiales bien "choisies"!) l'avait réalisé, je pense qu'il aurait poussé le bouchon du dark un peu plus loin, mais pour un lundi après midi qui pue le froid, c'est presque parfait! :-)

samedi 12 décembre 2009

August Sander

Aujourd'hui, je suis allée avec ma chère maman à l'expo August Sander, à la Fondation Cartier-Bresson, à côté de chez moi.
Que de merveilles. Des portraits frappants, puissants, percutant de réalisme cru.
Des regards directs, presque jamais de sourire. Des enfants graves, des femmes mélancoliques, des hommes endurcis...

D'autant plus impressionnants que les tirages, pour la plupart, sont d'origine, et d'une qualité étonnante: matière, profondeur, précision, douceur, tout est beau.

Si je vous dit que tous les clichés ont été pris entre 1910 et 1950 (la majorité dans les 30's), ça vous étonne? :-)

Comme le disait très justement Stella Polaris, Sander a fait aussi beaucoup de clichés de paysages, de nature, mais s'ils sont beaux, ils ne sont pas aussi marquant que les portraits, qui se voulaient une représentation sociologique aussi fidèle que possible de la réalité.
Il y a toutes sortes de personnages: des mendiantes aux huissiers, pianistes, architectes, peintres ou révolutionnaires...

Sander (1876-1964) était allemand, rattaché au mouvement de la Nouvelle Objectivité, en réaction contre l'Expressionnisme ou le Cubisme. Le propos étant de restituer la réalité dans ses moindres détails. La guerre a forcément influencé son travail.

Parmi les portraits qui m'ont le plus touchée, arrive en tête un cliché de sa femme, avec 2 nourrissons dans les bras.
Le titre: "Ma femme, entre joie et tristesse" (sans garantie de fidélité, mais c'est l'idée). On ne perçoit aucune joie, et à mieux y regarder, on constate qu'un des bébés est "tonché"... Frisson.



la série des artistes de cirque est fabuleuse:









Toute une série de mains: "de jeune homme d'affaire", "de travailleur occasionnel" (lol), "de femme sculpteur", etc... Eloquent.



Et en vrac:









C'est jusqu'au 20 Décembre, et c'est gratuit le mercredi.
(Merci, Stella, de m'avoir mis le nez dessus: ça sent délicieusement bon! )

vendredi 11 décembre 2009

Concert de Nosfell à l'Alhambra




Je rentre à l'instant du concert de Nosfell.
L'Alhambra est devenu son pays (sa planète?), Klokochazia, pendant près de 2h.
J'y suis encore un peu, et qu'est ce que c'est bon, damned!

J'attendais ce concert depuis longtemps, ayant raté les 3 précédents, faute de place.
Je savais bien que j'allais passer un moment magique, c'est toujours le cas.
Et je n'ai pas été déçue.

3 sur scène: batterie (nouveauté pour cet album, bien plus rock que les 2 précédents), basse/violoncelle/guitare, guitare/loop/chant.
Un jeu de lumières hyper créatif de Julien Bony, qui utilise des vitraux façon Mondrian. C'est beau.

Que dire, sinon que résolument, ce Nosfell ne ressemble à personne d'autre? Il débarque de sa planète pour mieux nous y emmener, avec sa langue étrange, ses contes alambiqués, ses transes, ses têtes de dingue.
Il est fascinant.
Cette façon qu'il a de partir loin loin loin dans son monde pourrait faire craindre qu'on le perde, parfois. D'ailleurs, certains lâchent, mais j'avoue que moi, je suis vraiment cliente.

Sa maîtrise de la "Human beat box" me met toujours par terre, j'Adore. La construction des morceaux, à l'aide de la loop station, par strates, reste scotchante, même si un peu moins présente, sur ce concert. Ca part d'une tournerie simple et hyper efficace, et ça termine dans des délires de complexité, avec toutes les voix qui s'entremêlent, des sons bizarres...

Visuellement, on n'est pas volé non plus: il se meut comme un reptile, il danse vraiment, au point qu'à un moment, j'ai eu l'image de Salomé, un ballet contemporain de Béjart (façon de parler: c'est pas tout neuf!).
Il est dans sa musique, il la joue, la triture à l'extrême, la montre avec son corps.



On dirait parfois une espèce de psychopathe, un autiste effrayant, puis soudain, un sourire de Bambi vous surprend, son visage s'ouvre en un quart de seconde...
Il se permet des choses, des grimaces, des sons, qui par tout autre que lui pourraient friser le ridicule, mais non, ça passe, ça le fait. Grave!



Je crois que ce qui me touche, aussi, dans ce personnage, c'est qu'il a du Buckley.
A sa sauce, mais l'analogie est frappante, tant au niveau de la voix et de son amplitude (démente), que de cette faculté à partir dans le délire musical, presque à la façon du free jazz (que pourtant j'abhorre!). Pas de limite, il réinvente les morceaux presque sous nos yeux. Du moins c'est l'impression que ça donne! Qui a vu la vidéo du concert de Buckley à Chicago comprendra de quoi je cause.

Du coup, les morceaux que l'on connaît sont toujours différents, à chaque concert, ce qui est au delà de l'appréciable.

La complicité entre Nosfell et Pierre Lebourgeois (violoncelle/basse/guitare) est palpable. Ils s'"entendent", et il est étonnant de les voir aussi raccord dans les improvisations. Ils se nourrissent l'un de l'autre, c'est chouette à regarder et à entendre.



Ma seule déception, ce soir, aura été la mollesse du public. Alors certes, il y a des phases du concert où les morceaux s'enchaînent sans temps mort, donc pas de place pour les applaudissements, et la langue étrange parlée par Nosfell ne permet pas tellement les reprises en choeur, mais tout de même... Je me souviens des concerts de Bruxelles ou de l'Olympia où les gens étaient déchaînés, enthousiastes, vivants.
Là, il faut bien admettre que ça ramait. Même s'il y a eu 3 rappels. Et franchement, si l'adage dit qu'il "n'y a pas de mauvais public, seulement de mauvais artistes", je ne suis pas d'accord sur ce coup là. Ils se sont vraiment donnés, c'était bon, beau et trippant. Ca méritait bien plus que les pauvres têtes qui se balancent mollement...

Alors évidemment, quand Nosfell se dépoile un peu (le grand classique de l'animal: il tombe toujours le haut, à un moment!), ça réagit! Et pour être totalement honnête (et femelle!), quand Nosfell se dépoile, faut bien avouer que la température monte de quelques degrés. Pardon de gloser là dessus, mais c'est un fait: en plus d'être un artiste bien bien complet et claffi de talent, il se trouve que le bestiau est juste... une bombe atomique! Y a vraiment rien à jeter. De rien. Du tout (Soupiiir).



BREF!

3 jolis rappels, donc, et s'en est allé.
A la sortie de la salle, j'ai entendu "Qu'est ce que je me suis fait chier!", et "Wooooooooooow, il déchire!".
Ca m'a fait sourire.

J'ai eu de la chance.

Quelques vidéos:

La 1ère, toute pourrie, mais vraiment!
Pardon, ça ne lui rend pas vraiment hommage, mais il n'existe pas bcp de vidéos récentes, donc j'ai fait ça ce soir avec mon téléphone! C'est un extrait d'un titre originellement en duo avec Daniel Darc:



La 2ème, déjà sur mon FB. Un titre chanté sur le dernier album, en trio avec Josh Homme et Brody Dale (excusez du peu!):



La 3ème, une "vieillerie" unplugged que j'adore:



Et un lien vers la 4ème, pas récente non plus, captée au concert de Bruxelles auquel j'ai assisté, si je ne m'abuse, mais qui me fait rire car elle commence par une des légendes tordues de Klokochazia:
http://www.linternaute.com/video/2249/nosfell-the-wise-left-hand

Allez, je vais me coucher à pas de...renard, j'ai fait provision de petites étoiles pour quelques temps...

mercredi 9 décembre 2009

Oui, non mais non!

Ma mère m'offre une gazinière, pour Noël. (Ce qui est cool, merci Maman!)
Du coup je m'offre une paire de bottes fetish.
La ménagère Mina-staïle: "Donne moi 30mn pour amener le soufflé"!

lundi 7 décembre 2009

The man who laughs

Petite modification à ce que j'ai écrit il y a quelques jours: ce film est en fait une production américaine (Universal), bien que Paul Leni soit effectivement à rattacher au courant expressionniste allemand.
Il fait partie de ces longs métrages faisant le lien entre muet et parlant, avec une bande-son particulière, intégrant des bruits, des voix.
Je l'ai regardé hier, et c'est un chef d'oeuvre qui talonne Freaks dans mon coeur.
L'action se passe principalement dans une roulotte itinérante (qui n'est pas sans rappeler l'Imaginarium du Dr Parnassus, oui, encore un docteur!) et on est dans le freakshow jusqu'au cou.

Le pitch rapide: l'action commence en 1670, sous le règne du Roi James II. Celui ci condamne à mort le père aristocrate de Gwynplaine (héros du film) et livre l'enfant aux comprachicos avec ordre de le défigurer pour qu'il "rie à jamais de son imbécile de père". L'enfant, abandonné et mutilé, sauve un bébé, Dea, petite fille aveugle.
Ils trouvent refuge auprès d'Ursus, un philosophe/auteur raté.
Le temps passe, les enfants grandissent, et assurent la subsistance de la famille en se produisant dans des freakshows.
Ils tombent évidemment amoureux.
La Duchesse Josiana entre alors en scène. Héritière aléatoire du titre revenant à Gwynplaine, elle tient le rôle de la "méchante", lègère, sans foi ni loi, rebelle et arrogante.
Ces personnages principaux étant posés, je ne vous livre pas la suite: voyez ce film!

Le jeu de Conrad Veidt (Gwynplaine) est dément de subtilité. Avec ce sourire cauchemardesque plaqué sur le visage, tout passe dans les yeux, et il réussit la prouesse de faire passer des émotions telles que peur, tristesse, détresse, amour, sans qu'on n'en doute une seconde. Bouleversant.



Au delà de la belle histoire d'Amour, on retrouve dans ce film les racines d'Edward Scissorhands ou d'Elephant Man, pour ne citer que ceux là.

Dea (Mary Philbin) incarne vraiment le stéréotype féminin de l'époque: évanescente, gentil mouton perdu et vulnérable, femme enfant intouchable, éperdue d'amour. Très bien jouée mais un peu agaçante.


La Duchesse Josiana, (Olga Baclanova, qui jouait la trapéziste de Freaks, et qui ressemble ici étonnamment à Madonna jeune!), par contre, contraste. C'est un personnage fort, complexe, hyper charnel, voire ouvertement sexuel. Elle permet de mettre du piquant dans les bons sentiments, ce qui est salutaire. Méchante mais moins caricaturale, elle porte tout le film avec Veidt.


Bref, louez le, chopez le sur le net, venez le voir chez moi si ça vous chante: c'est un GRAND film. :-)

samedi 5 décembre 2009

Ce que j'amène à Santiago...

Je pars ce soir pour un très long vol et une longue escale au Chili.
Pour avoir déjà fait ce vol, je sais déjà qu'il va me falloir au moins 24h de coma pour récupérer.
Alors pour meubler cette inertie, j'emmène quelques films précieux.
Pour rassasier ma boulimie de films expressionnistes allemands du début du siècle (entamée avec Métropolis, M le Maudit et le Testament du Dr Mabuse), je prends avec moi:

Le Cabinet du Dr Caligari (je donne dans le docteur, aussi! lol), un muet de Robert Wiene, 1919. Le début de l'action se passe dans une fête foraine, ça me parle forcément... Le bon vieux thème du Misfit, poursuivi bien qu'innocent. Enfin je vous dirai! :-)









Ensuite, The Man Who Laughs, 1928, de Paul Leni, d'après la nouvelle d'Hugo (l'homme qui rit), et dont le personnage (incarné ici par Conrad Veidt) a très probablement inspiré le Joker de Batman (par qui? par qui? Tout se tient! lol):



Cette photo m'a beaucoup marquée. Défiguré enfant pour avoir l'air de toujours sourire, encore un de ces freaks qui me parlent tant...






Enfin, pour sortir de l'Allemagne, The Devil Doll, film de 1936, par mon bien aimé Tod Browning. Un vrai vieux film fantastique comme je les vénère... J'en ai raté la projection à Paris, mais je salive à l'idée de le déguster du fond de mon lit chilien!










Au passage, merci Sunrise de m'avoir mise sur la piste de ces merveilles. Tes commentaires seront probablement plus judicieux que les miens, puisque tu les as vus et moi pas encore. ;-)