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vendredi 17 août 2012

Expo Jean-Paul Gaultier




The Fashion World of Jean Paul Gaultier: From the Sidewalk to the Catwalk est une merveilleuse expo qui se tient actuellement au de Young Museum, à San Francisco.

Le génie de la mise en scène réside en une idée brillante: des images sont projetées sur les visages inertes des mannequins, qui, du coup, parlent, chantent, deviennent expressifs. Gaultier lui-même présente son expo:




Les modèles présentés sont issus de collections anciennes (milieu 70's) à nos jours.

Des choses emblématiques:

Marinières détournées à l'infini...


...soutien-gorges coniques et esprit lingerie...


...corsets (pour hommes ou femmes)...

(modèle homme, baleinage en éventail)


(modèle femme pour Hermès, en crocodile)

...imprimés tatouage, tout est là. Et à les observer de près, la maestria est flagrante. On reconnaît la patte de Mr Pearl sur bon nombre de corsets, c'est merveilleux.

On peut aussi admirer plusieurs exemplaires de la collection "Mermaid", l'une de mes préférées.




Une version dorée/cuivrée de la robe de Marion Cotillard aux Oscars



Des modèles absolument spectaculaires, dont cette robe de dentelle, cagoule intégrée


ou cette folie enrubannée


ou encore cette absolue merveille toute perlée






Petite jubilation perso: le scotchant costume de squelette noir, strassé, porté par Dita pour le défilé. Encore plus beau de près


...et le costume de scène façon "écorché" de Mylène Farmer


On trouve évidemment les costumes de Madonna, que tout le monde connaît par coeur (celui de l'écuyère SM est particulièrement réussi), les croquis...


Mais aussi des vêtements hommes déments, du mobilier...


Bref: mille tueries. J'aurais tout photographié: du tailleur jupe/pantalon crème à la robe de mariée à brandebourgs et coiffe indienne de plumes blanches, bien des merveilles ont échappé à ma pellicule, faute de stockage suffisant, mais sont aisément trouvables sur le Net.

On ne peut s'empêcher de reconnaître les influences plus ou moins bien digérées de Gaultier. Entre Madame Grès, Mc Queen et consorts, le lien est parfois vraiment flagrant. Mais en tant qu'amoureuse de ces couturiers, je ne me plaindrai certainement pas. La créativité est là.

Les collaborations photographiques avec La Chapelle et Pierre & Gilles, notamment, dont quelques beaux clichés sont exposés, tombent sous le sens, entre opulence, kitch, bondieuseries et humour.


Les salles de projections m'ont semblé moins intéressantes. Il est certes amusant de voir toutes les facettes de Gaultier (défilés, costumes de scène ou de films, clips...), mais ça ressemble plus à une satisfaction mégalo qu'autre chose, vraiment.

Dans l'ensemble, une très très belle expo, bien réprésentative, dont quelques pièces, à elles seules, justifient le déplacement (et... hum... les 20$ du prix d'entrée), si vous êtes dans les parages.

samedi 3 septembre 2011

Tragédiennes de l'Opéra (1875-1939)

Pour renouer avec ce blog, laissé en friche depuis un peu trop longtemps, un petit billet sur une magnifique exposition se tenant en ce moment à l'Opéra Garnier: Les Tragédiennes de L'Opéra.



Ce n'est pas que je me passionne tant pour l'opéra, mais j'aime ces grands personnages féminins iconiques ayant inspiré tous les arts: Salomé, Salammbô, les déesses, les Walkyries...
Le fait que l'expo se concentre sur les années 1875/1939 laissait présager des merveilles de photos, de costumes et d'accessoires. Et effectivement... ♥

Pourtant, dès l'entrée, énoooooorme déception: un costume fabuleux, plumes de paon, perles et broderie, exposé derrière un verre ET un écran de tissu noir, transparent mais empêchant absolument de percevoir les nombreux détails...
Qu'on protège cette pièce est justifié, évidemment, mais de cette façon ridiculement frustrante?
Soit on montre, soit pas, mais cet effet "oui mais non: tu peux imaginer comme ça tue, mais tu ne verras pas", c'est terrible.
Ce procédé est utilisé 2 fois seulement, ouf, mais tout de même...
D'autant que le costume en question est en couverture du catalogue de l'expo qui est vendu bien cher. Moralité: si tu veux voir correctement la merveille, tu lâches tes 50€, même si tu t'es tenu juste devant!


Heureusement, la suite de l'expo ne fait pas regretter le déplacement.
Les photos merveilleuses...





(Rose Caron dans Salammbô)

Les gravures et croquis...




La reconstitution d'une loge...


Et surtout, surtout, les bijoux, ornements de cheveux présentés dans des vitrines...
Que de merveilles à couper le souffle.
La cerise sur le gâteau, ce sont les photos de certains accessoires portés.







(Inspiré de Lalique)





Tous ces clichés ne sont certainement pas exhaustifs: beaucoup d'autres trésors sont à découvrir.
Pour ma part, un pur régal et une énorme source d'inspiration pour la création de costumes.
Devant certains ornements, on ne peut pas ne pas penser à Mucha et ses créatures aux cheveux parés de grandes fleurs, de perles et de pendentifs...

Cette exposition, pour résumer, permet de voyager dans le temps, la mythologie, l'idée que l'on se faisait des pays lointains. Les 2 seuls bémols: le prix de l'entrée pour une expo qui se visite, somme toute, rapidement, et ces satanés écrans noirs.

Il n'empêche que je la recommande d'autant plus chaleureusement que l'on peut, pour ce prix, parcourir le Palais Garnier, lieu magique s'il en est. Le nez en l'air, les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, on se prend à rêver au bruit des petits pieds des danseuses, résonnant la nuit sous les dorures opulentes.




vendredi 4 juin 2010

Les Maisons Satie

Comme promis, quelques images du fabuleux musée consacré au génialissime Erik Satie, à Honfleur.

Fan devant l'Eternel du bonhomme, je ne pouvais rater cette visite. J'en suis ressortie comblée et rêveuse...
Le musée est très original, assez petit, mais il transmet bien l'humour et le surréalisme de Satie. Les mises en scènes sont brillantes.
On s'y balade avec un casque, qui diffuse musique et commentaires. On ne s'occupe de rien: ça marche avec une cellule qui se déclenche toute seule selon l'endroit où l'on se trouve.

Pour commencer, une petite pièce à l'ambiance intime, parapluies et journaux annonçant la mort de l'artiste.


Ensuite, un petit texte présente une oeuvre assez dingue, qui grince un peu, surréaliste à souhait, parfaitement judicieuse.


On se peut s'empêcher de rester là, un peu, à observer cette poire aux ailes de métal articulées qui battent doucement.
Elle illumine la pièce d'une belle lumière orangée. C'est poétique, fascinant.
Dans les oreilles, cette merveille de Gymnopédie...


En quittant la poire, nous arrivons dans une salle qui présente des informations, anecdotiques ou moins, concernant l'artiste.
Notamment, ses différentes adresses, signatures (Air Iksati, j'adore!), surnoms, des photos...



(on clique, ça zoome, on lit, on sourit...)

En continuant la visite, on arrive dans une salle bien bien dingue, où tout est en carton. C'est une reproduction de son atelier, tel qu'on l'a retrouvé à sa mort. Satie a vécu et fini pauvre, nommant sa misère "La petite fille aux grands yeux verts"...








Ensuite, on prend le Grand Escalier


On est dans le noir, la rampe et les arêtes des marches sont dessinées à la peinture phosphorescente, comme à main levée.

On arrive alors dans une pièce très étonnante: une salle à manger coupée en 2: Satie de jour, avec un délire religieux (chants lithurgiques dans le casque), et Satie de nuit, scène de ripailles, avec des assiettes aux noms d'invités illustres (bruits de rires, de conversations...). La table est lumineuse, le décor change doucement. La délimitation est matérialisée par une "coulée" lumineuse, rouge, mi vin, mi sang, qui s'échappe d'un côté d'une bouteille, de l'autre d'un calice.






Pour nous accueillir à l'entrée de l'avant-dernière salle, un majordome singe


Cette pièce est pleine de cadres rétro-éclairés. Un peu de tout: des objets dingues, des images, des partitions, des dédicaces d'oeuvres de ses amis, dont Man Ray... La musique change devant chaque cadre, c'est un peu étourdissant, grisant...






Projet pour l'Opéra Uspud


"A propos, ma chérie, si tu trouves mon style décousu, fais-y un point." :-)


"L'enregistrement mécanique... Il est nécessaire que les musiciens s'intéressent à ce nouveau procédé de production phonique" J.C. Gagnieux.


Sur le chemin de la dernière salle, cet aphorisme


Cette pièce est toute blanche, dépouillée, hyper lumineuse, avec juste un piano à queue mécanique blanc. Le piano joue la 1ère des 3 Gnossiennes, la plus belle. L'esprit de Satie est là, son fantôme joue la partition, gros frisson de bonheur.
Petite vidéo qui tremble, pardon, mais je n'ai pas résisté. Peut-être que ça vous paraîtra chiant, moi, j'étais en transe!


Sur le chemin de la sortie, alors qu'on croit la visite finie, une dernière surprise, drôle et poétique:
Mémoire d'un amnésique




Et le Laboratoire des Emotions, un manège à l'ancienne, que l'on actionne en pédalant. On est entouré d'instruments hybrides: un violon-godillot, une lyre-barbelé, un accordéon-râpe!






Voilà, la visite se termine dans un salon aux fauteuils profonds, avec un écran de ciné qui diffuse un ballet composé par Satie, sur des poèmes de Cocteau et décoré/costumé par Picasso (excusez du peu!^^), qui avait scandalisé l'opinion: Parade.

Merveilles que ces instants passés dans ce lieu magique, hors du temps. Tous les sens sont sollicités, les références sont riches et magnifiquement mises en valeur. Tout ce que j'aime...

Soupiiiiiiiir